mercredi 1 avril 2015

Les années 50 : Le renouveau de la haute couture française et l'avênement du prêt-à-porter


"Paris, c'est le sens du fini, du parfait. C'est là que du monde entier on vient chercher cette qualité artisanale que l'on ne trouve pas ailleurs, et que nous devons avant tout conserver" Christian Dior

 
La mode des années 1950 en France marque de profonds bouleversements à la suite de la seconde guerre mondiale. La haute couture connaît alors son deuxième âge d'or et redonne à Paris la place centrale qu'elle occupe depuis le milieu du XIXe siècle, donnant ainsi à la mode française une influence mondiale à tous les niveaux, jusque dans la rue ; tous les regards sont tournés vers la capitale où le mot « élégance » est la seule règle.
Guêpières, jupons, jupes à corolle, escarpins pointus, imprimés fleuris ou rayés de couleurs vives, tailleurs à jupe « crayon », robes bustiers-fourreaux, robes de cocktail, broderies rocailles de cristaux : telle est la couture des années 1950. À la même époque, une mode décontractée – pulls moulants, pantalon corsaires et jeans – est portée par la génération du baby-boom. 

Début 1947, Christian Dior lance la première collection de sa maison de couture. Apparaissent les silhouettes chics et féminines, les femmes à la poitrine marquée, à la taille soulignée et au ventre creusé, aux hanches arrondies et à la jupe ample… Cette silhouette « sablier » si généreuse en tissu fait scandale en même temps qu’elle connaît un succès fulgurant. D’autres styles concurrents sont tout aussi remarquables : la ligne Balenciaga, dite « tonneau », au volume s’évasant dans le dos et autour de la taille ou encore, à l’opposé du New Look de Dior, la ligne Chanel au tailleur droit et strict qui crée la rupture dès 1954. Cette puissance de la mode française repose autant sur le prestige de ces noms synonymes de luxe, d’élégance et d’innovation que sur la capacité de la profession à se convertir au révolutionnaire prêt-à-porter. Ainsi, couture et prêt-à-porter sont non seulement l’un des premiers secteurs économiques en France mais aussi un laboratoire de la mode. C’est l’âge d’or de la haute couture et Paris regagne son titre de capitale mondiale de la mode.
Les fibres synthétiques se répandent, à l'image du nylon pour les bas qui deviennent de plus en plus fin, du Rhovyl, de l'acrylique, ou du Rilsan plus tard; celles-ci donnent des vêtements plus chauds, solides, légers ou facile à nettoyer et à repasser. Si le corset à baleines perdure, le porte-jarretelles ou la gaine-culotte prennent l'avantage. La guêpière ou le serre-taille font partie intégrante de la garde robe féminine de celles qui suivent la mode afin de maintenir cette silhouette à taille étroite imposée par le style Dior. Les soutien-gorges pointus se doivent de bien séparer chaque sein et faire un poitrine proéminente. Les textiles s’allègent également pour l'ensemble complet-veston de l'homme qui n'a que peu évolué depuis les années de guerre. Les chemises sont confectionnées elles aussi en nylon, la cravate n'est pas systématique et parfois remplacée par un foulard. Pour ses loisirs, les premiers signes du sportswear apparaissent, l'homme peut s'habiller avec des tenues plus décontractées.
L'Amérique, qui a développé par obligation le principe de la fabrication en série durant les années de guerre, va importer son modèle partout en Europe, posant en leader les prémices du prêt-à-porter. L'idée même de ce « prêt-à-porter » et surtout le réseau commercial pour le distribuer n'existe pas en France, on parle alors de « confection », la production en plusieurs exemplaires d'un même modèle, à la distribution très localisée et avec un minimum d'essayages.
Enfin, la silhouette féminine continue à évoluer vers une ligne plus galbée ; tendance initiée immédiatement après la Guerre, les jupes raccourcissent encore, Dior montre les genoux en 1953. Cependant, si les jambes se découvrent, la bienséance interdit de montrer ses bras avant la soirée. Mais les affres de la Guerre sont maintenant loin et il est de bon ton de recevoir chez soi ; les cocktails de fin de journée se multiplient, et tous les couturiers dessinent des « robes de cocktail » soit fourreau, soit bouffantes inspirées de la silhouette New Look, mais toujours à épaules dénudées. Les grands bals et fêtes mondaines sont aussi de retour après la Guerre. La « robe de bal » se doit d'être spectaculaire, débauche de luxe et de création de la part des couturiers.

8 commentaires:

  1. Très intéressant cet article, j'aime beaucoup te lire !

    Estelle
    lamodeestunjeu.fr

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  2. j adore les années 50 pour la mode justement! bel article.
    bise


    http://www.letiziabarcelona.com

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  3. Passionnant ce billet, je le garde en cache pour m'y replonger
    Bisous

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